nebulo
Cardiac_press.cardiac


http://reviews.headphonecommute.com/2012/10/24/nebulo-cardiac-hymen/

Perhaps I should begin this review by letting you know that this past Monday, October 22nd, Headphone Commute published an exclusive mix by Nebulo, titled Cardiac Mixtape, showcasing his favorite artists, as well as a few tracks from the album of this writeup. So subscribe to our podcast orstream directly from Mixcloud while you read this review. On Nebulo’s fourth solo full-length release on Hymen, Thomas Pujols takes it down a notch, dipping dark IDM into a pool of dark ambient matter. This is not a surprise, as in the last few years (Nebulo manages to release an album every two years or so), we’ve seen Pujols go further into contemplative experimental dominion, maturing his music with each subsequent release. On Cardiac, Pujols takes another step to createe an organic scenery sparsely populated by meticulously designed percussion elements and rich atmospheric soundscapes.

This particular approach is clearly audible on the second track of the album,“Asht”, where Pujols used a multi-layered self-recorded clap and a rolling acoustic drum set (from what I could tell just by listening) to compose a well-balanced journey into abstract and intangible world. There’s still plenty of glitchy IDM, but it is subdued, restrained, and less assertive. Instead the music unfolds through warm synth tones, downtempo beats, and swirling aural headspace. Celluloid frames flash past the imagined sonic sources, as the bent tree branches rise above the melting landscape and reach towards the sun. Tension is at a minimum. Rather, the only audible tautness is that of a stretching sound, like a warped magnetic tape reel, being slightly pushed upon its rim. This reverie is interrupted by the rhythm, intending to push on with a pulsating beat.

In the summer of 2011 [Pujols] recorded one draft track every day to substantiate his ideas and inspirations, and he used these drafts as resources for this release. to prevent the feeling of electronic coldness and to achieve an more organic texture unusual production devices like a 4-track recorder were used. ‘Cardiac’ is a diligently produced aural state of mind lying in the realm of experimental electronica – a delicate balance between fragility and gravity, ambience and rhythms.

Nebulo’s past releases include his debut, Kolia (Hymen, 2006), Ãvutmã(Hymen, 2008), and Artefact (Hymen 2008). There’s also a digital only collaboration with Druc Drac, titled Urbatectures (Hymen 2011). Besides his own compositions, Pujols has also remixed works by ArchitectHecq,Ginormous and Pleq. As you can see, he’s tightly integrated with the Hymen family. For that (and many other reasons), I recommend his work if you enjoy the output of UndermathicLoessSubheimBlackfilmBoy Is Fiction, and TapageCardiac is available on a CD and a limited-run 180 gram vinyl (which includes a download code to the entire album and three exclusive digital tracks), directly from Hymen’s parent label, Ant-Zen.

http://www.swqw.fr/chroniques/musiques-electroniques/nebulo-cardiac.html#.UIj2t8UxrD4

L’esthète du jour est une énigme. Il parle et se montre peu. Sa musique le fait tellement mieux. On sait qu’il vit non loin des abords de la Garonne, qu’il aime aller capter des sons à l’extérieur. Pourtant, Nebulotransporte un hymne éternel, un de ceux qui colle aux sabots et dont on aimerait parfois se défaire.Automnal, un de ces titres qui même plus de six ans après, est habité de la même immédiate magie. Maculé de grelots cueillis dans les monts sibyllins, et de furie rythmique, brute, abrasive et rêche.

Nebulo fait partie de ces artistes chez qui l’obsession du renouvellement n’est pas une posture éculée. C’est presque une obsession, remplir les pages, mais surtout, savoir les tourner. Voilà pourquoi il ne s’étend que très peu, sur l’émulation intacte provoquée par le titre cité plus haut. Et parce que ce dernier, issu du génialissime Kolia, ne saurait écraser le reste qui suivit, et ce qui reste à venir. Je n’aborderais que très peu le cas du tout aussi indispensable Avutma sorti en 2008, peut-être plus lumineux dans les textures arborées, et certes touché par une dimension un peu plus ambient qui en fait sans aucun doute son oeuvre la plus accessible. C’est sans doute celle vers laquelle je reviens le moins.

Peut-être aussi parce qu’Artefact m’a cuit l’encéphale. Que je suis devenu accro à ce travail si surprenant sur la strate, cette démarche instrumentale qui réfute le “tout technique”, le jusqu’au boutisme expérimental et la quête de la fréquence qui tue. Parce que ses atmosphères dérangeantes et totalitaires s’injectent trop bien dans les conduits cérébraux des personnalités morcelées, dont la quête à peine voilée serait de trouver pareille maîtrise dans leur dédale intérieur. Si la chronique part déjà en couilles n’ayez crainte, c’est juste parce que j’écoute Radiogoo après Plasticmare et Batman Dancefloor, au moment même où j’essaie de ne pas brasser du vent. Toujours est-il que Cardiac, son quatrième album, sort aujourd’hui même chez Hymen, et que c’est sans la moindre surprise une tuerie sans nom.

Ceux à qui on prescrit du Crestor feront peut-être le lien entre l’artefact d’hier et le test d’effort aujourd’hui mis en exergue. Les autres n’ont nul besoin de réfléchir, l’échographie est publique, les rivières pourpres en ébullition.

Sans volonté d’exposer un concept trop visible pour se réclamer du terme, Octo déballe les contours d’une générale et surprenante (devrais-je dire fulgurante) arythmie, bien connue chez les sujets au stress. Et pourtant, ça glisse comme papa dans maman. Parce que Nebulo ne nous avait pas encore fait le coup de l’uppercut analogique. Du moins pas comme ça. Pas avec une telle, limpide et extrêmement dynamique coulée. Qui fait que rien ne pète trop à la gueule, si ce n’est l’impressionnante cohérence de l’ensemble. Et cela malgré le fait qu’on ne saurait raccrocher le moindre morceau à une quelconque thématique, une identité ou une trajectoire globalisante et monolithique. Et pourtant putain, il paraît que le chaos engendre un équilibre, aussi chaotique soit-il. La fusion des deux, dans les sensations que procurent les premières écoutes, est probablement ce qui désarme le plus.

Parce que Nebulo est revenu à quelque chose de plus libéré, et pas seulement parce qu’il y a probablement ici un travail titanesque de production et d’épuration. Ne serait-ce que ces anodines (au premier abord) notes de pianos sur Asht. Sans faire trop de bruit, elles aèrent terriblement la charge analogique et électrique. Ou comme cette invitation finalement très binaire (assez déconcertante lors des premières écoutes) sur l’impressionnant Redkosh. Deux simples mais évidents exemples, illustrant ce que Nebulo ne se serait jamais autorisé auparavant. Que dire alors de Baikal, de ces courants permanents qui transpercent de part en part, en loucedé et par en dessous, la base transparente et claire dans laquelle Poutine aurait dû se noyer au moins deux fois.

Il y a tout un tas de blaireaux, qui tentent depuis trop longtemps de faire croire qu’une chronique “track by tack” est un acte désespéré. Quand j’ai des albums comme ça entre les mains, je ne désespère plus de rien. J’ai même foi en l’IDM de 2012, c’est dire. Voilà pourquoi je pourrais passer des heures à évoquer l’effervescence rythmique de Fragm. Ou la synthèse parfaite (qui se révélera bien plus tard à sa juste et très haute valeur) qu’est Arcadic, avec ses phénomènes polyrythmiques, ses claps de furieux, ses sages mais vivaces lacérations digitales ainsi que cet usage génial d’un synthétiseur qui vient forcément d’ailleurs. Le tracklist est aussi bien fait que le mastering (en nuance, soulignant les dynamiques). Voilà pourquoi le “tubesque” Smax intervient exactement là où il faut, rappelant l’époque la plus spontanée et la plus ludique du français.

Dans un dernier sursaut, Icon viendra clore l’épopée. Dans un silence qui laisse grogui et orphelin.Cardiac est un ensemble impressionnant. Une couronne de coronaires irriguant le muscle central avec un lot de décharges, de signaux d’alertes et d’afflux d’adrénaline qui devraient laisser les spectateurs de cette “scène” sans le moindre souffle. Hymen et Nebulo se sont mis d’accord pour que cette tuerie monumentale sorte aussi en version vinyle. De quoi réjouir les puristes, et les autres.  

http://www.adnoiseam.net/store/nebulo-cardiac_p3802.html


Definitely the maturity rite-of-passage album for Nebulo, and quite possibly the one that might extricate this French musician from his current status of underrated gem. While “Cardiac” is in a way a more friendly, more direct album than its predecessor, it is something which sounded to my ear as a lot more detailled and contained. Following in a way the same evolution as Hecq, Nebulo has now reached a point where his sound design can be married with his more pathos-driven material, striking a good balance between emotion and musical craftmanship. Very recommended.


http://www.textura.org/reviews/displacer_nebulo.htm

Cardiac, Pujols’ latest Nebulo set for Hymen, is satisfying, too, albeit in a different way. Apparently Pujols, desiring a warmer and more organic sound, decided to retool his Nebulo project after completing his previous album, Artefact, and towards that end recorded one draft track every day during the summer of 2011, material that he then used as source material for the final ten-track recording. Experimental electronica might be the best general description for the album’s sound, though Pujols, like Morton, threads different stylistic strands into the sometimes head-nodding mix, too. Pujols likewise mixes it up, for example, by offsetting the beat-driven pieces with the experimental soundscape “Mu” and delicate ambient outro “Icon.” The hypnotic “Asht” exemplifies the arresting sound world Pujol presents on the release. The track plays like a slowed-down lurch, such that its beats curdle and its claps (self-recorded, incidentally) spread out rather than pop. The glitch-laden “Arcadic” stands out for its fresh, downtempo flow, while the equally smeary “Smax” kicks up some serious dust in its bass-popping groove. Though there’s much to be said for the tracks’ atmospheric detail, it’s the rhythm elements that are most ear-catching on the release, however. Pujols assembles snappy and distinctive beat patterns made up of clicks, snaps, and claps in tracks like “Quenz” and “Baïkal”; such pieces would still engage one’s ears even if all of the additional textural and melodic elements were stripped away. A great deal of craft is evident in both releases, and the listener comes away from both Foundation and Cardiac impressed by their compositional quality and production polish.




http://the-chemistry.net/nebulo-cardiac-lp-hymen-records/

Bon, à la demande de notre ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg fana du  » Made in France « , je me dois de vous présenter un garçon habitant non loin de la terre la plus convoitée pour le rouge qui en découle. La Garonne serait-elle la terre promise pour nos artistes français suivant le courant IDM? Certainement. Cependant, en regardant de près l’étymologie du mot  » Nebulo « , on se rend compte qu’il faut remonter bien plus loin pour saisir/comprendre (dans une phase de masturbation intellectuelle), le côté quelque peu.. inattrapable que ce mot signifie en lien total avec l’ensemble de son oeuvre.

Et il faut dire que l’artiste ne chôme pas. Pas moins de 4 albums à son actif depuis 2007: Kolia (2007), Ãvutmã (2007), Artefact (2010) et pour finir, Cardiac sorti en Octobre 2012 chez Hymen Records, sous-label d’Ant-Zen.

L’ère numérique est là, le monde des machines aussi n’est pas bien loin. Un vent de douceur vient caresser ces terres désolées où beats et harmonies s’entrechoquent pour créer un univers totalement fantastique au sens littéraire du terme. Chaque titre a sa part de lumière, étincelante à l’image d’un  Redkosh  harmonisé avec une finesse assassine. Sa part de mystère aussi quand l’artiste plonge ses oreilles et son âme dans de l’ambiant « idm-isé » avec le titre Mu.

Sans limites, l’artiste va au bout de ses idées et c’est un juste équilibre qui en découle. Mais qualifier d’expérimentation ce qui est finalement l’idm d’aujourd’hui serait une bien grosse erreur. Entre ciel et terre, c’est un album exquis pour vos besoins d’évasion et que vous soyez amateurs d’idm ou même d’ambiant je suis certain que vous trouverez ici la pommade auditive parfaite pour assouvir votre soif de découverte!

Mais ne vous y méprenez pas. Si l’album est une tuerie, ce n’est pas sans mal qu’on apprécie à sa juste valeur le travail de ce garçon. Alors posez vous, prenez le temps d’écouter et laissez vous porter par sa musique.

A la question:  » En 2013, pouvons nous continuer de croire en l’IDM ? » je répond Nebulo.




http://fp.nightfall.fr/index.php?idchoix=5417

Il y a des artistes comme ça, dont la discographie constitue un quasi-sans faute : chaque nouvelle sortie prolonge le confort douillet du fan sûr de son idole. Le Bordelais Thomas Pujols, alias NEBULO, soucieux du bien-être d’autrui, met un point d’honneur à sortir un très bon album tous les deux ans depuis 2006. Le dernier en date, Cardiac, ne déroge pas à la règle.

Ce qu’il y a de remarquable chez NEBULO, c’est son talent pour placer toujours le bon son au bon moment. Dans un genre qui a tendance à privilégier le fatras d’effets, sa retenue est plutôt bienvenue. C’est comme si chaque boucle, chaque pulsation, s’imbriquait naturellement dans un ensemble rigoureusement agencé. Cardiac, comme ses prédécesseurs, est un album qui se démarque avant tout par son intelligence. 

Le disque le mieux construit ne va pas bien loin sans un petit supplément d’âme. Ce que certains appellent une atmosphère, et d’autres un style, NEBULO le déploie avec assurance. Cardiac côtoie les profondeurs et s’amuse avec les baleines, grâce à une production qui fait jouer à plein les effets étouffés et les sons lointains (« Octo »). L’océan est sombre, traversé de beats massifs et enveloppé de synthés évanescents (« Baïkal »). A moins que Cardiac le bien nommé ne soit qu’un voyage in vivo rythmé par les battements du cœur (« Quenz »)…

Comme toute belle mécanique, la musique de NEBULO est froide. Froid ne veut pas dire sans âme : les icebergs ont du caractère, et le samogon sorti du congélo encore plus. Pour ceux que les engelures terrifient, Thomas Pujols s’est amusé à noyer ses glaçons dans des percussions tribales (« Asht »). « Mu » est le seul morceau décousu (en apparence) de l’album : les cliquetis hésitent ; les basses tournoyantes couvrent le lent éveil des synthés. Le disque oscille constamment entre fascination et répulsion pour la technologique : les beats sont tour à tour attachants (« Red kosh ») et menaçants (« Arcadic »).

Le morceau le plus réussi, « Fragm », propose un va-et-vient incessant d’effets sonore. Ce travail remarquable est soutenu par une rythmique presque hip-hop qui apparaît, disparait et réapparaît à l’envie. Une boucle esseulée profite du silence des machines pour pousser sa plainte, avant d’être de nouveau absorbée par les basses. Fascinant !

Cardiac n’est pas ni un album révolutionnaire, ni une œuvre franchement expérimentale. Peut-être NEBULO aurait-il gagné à s’aventurer sur des sentiers un peu moins courus, surtout après quatre albums aussi réussis dans un genre où il est aussi dur de se renouveler. Reste un très bon album, comme attendu, une réalisation d’une beauté rare qui confirme qu’on peut encore produire de l’IDM de haute volée en 2012.




http://mouvement-planant.fr/descendre-a-la-cave-avec-nebulo

Il est des productions IDM, Electronica où la machine semble prendre le dessus, un climat glacial s’instaure alors et condamne l’artiste à se perdre dans les méandres d’une technique inédite, d’une innovation sans pareil. Thomas Pujols, aka NEBULO, se libère des charges analogiques et offre sur le label Hymen, spécialiste des sonorités favorable aux expériences cérébrale, son nouvel album Cardiac.

Les paysages sont brumeux et vaporeux, les songes distordus laissent transpirer quelque chose de Christ. ou du Geogaddi de Boards of Canada. Le Glitch et autre ballet de lambeaux numériques se rencontrent dans des zones sismiques où Ben Frost voire Tim Hecker semblent déjà passé.

Serait-ce cela, le Black-Noise ? Nul endroit pour se cacher et fuir le chaos approchant. Si, un seul. Vous même. Propice à l’introspection et tout autre délire onirique, vous serez votre seul refuge. Agrippé à un nuage, a vous de cherchez les rayons de soleil qui vous réchaufferont, ou si lors d’une déambulation dans un semblant de ville fantôme en couleur sépia vous croisez un abri dans lequel vous terrez, descendez y. Et apportez quelques nuages à la cave.

http://tartinedecontrebasse.com/2013/02/17/nebulo-cardiac/

Il semble que Nebulo se soit soudainement emparé d’une question essentielle et obsédante. Simple mais pourtant implacable, et qui appelle à une dualité qui met mal à l’aise. Sans tenter de répondre à la question, c’est plutôt une illustration des contradictions qu’elle suppose qui font se mouvoir cette œuvre. D’un titre évocateur, charnel et organique, Cardiac, mais d’un visuel froid comme le métal, cet album témoigne, avant même l’écoute, une schizophrénie évidente. Comment peut-on présenter, comme cela, le mot qui reflète probablement le plus la vie, la chaleur humaine, qui incarne l’architecture même de l’animation d’un être vivant sur une image aussi métallique et froide, aussi inhumaine, aussi plate ?

Octo nous prévient dès le départ. La pulsation est là, charpente le morceau plus que ne l’accompagne. Celui-ci, au fur et à mesure, s’étoffe d’éléments qui s’entrechoquent et foisonnent, sans respect pour la mesure. On en oublie la rythmique de base, comme on oublie d’écouter son propre cœur. Elle est là pourtant, et s’anime elle aussi : ce n’est pas simplement une architecture, un cadre, c’est un élément indépendant évoluant au fil du morceau. Et quand la rythmique se tait, tout le reste se tait, et le temps reste en suspens. Dès le premier morceau, le paradoxe apparaît : on sait cette rythmique indispensable à la vie de l’œuvre comme on sait les battements de notre cœur indispensables à notre animation, cependant, on l’oublie, car elle fait partie des choses essentielles mais devenues trop évidentes pour qu’on les regarde encore.

Ok, d’accord, mais, me direz-vous, « et alors ? Pas besoin d’un album entier pour se rendre compte de ça, surtout s’il le fait dès le premier morceau. » (oui, j’aime faire les questions aussi).

Pourquoi ? Uhuh, néophyte, je ne t’en veux point de ton ignorance, j’étais dans ton cas jusqu’à entendre cet album.

Pourquoi, et bien parce que l’intérêt de Cardiac est loin de se limiter à un pseudo-message totalement subjectif qu’untel ou un autre y verra (moi y compris bien entendu). Parce que même si ce message existe et qu’il est celui-là, il n’est qu’un prétexte, un leitmotiv. Pour alimenter cette image, on pourrait dire que chacun des morceaux de Cardiac est un résultat différent d’une cuisine faite à partir des mêmes ingrédients. Comme les frères et sœurs d’une même famille sont similaires mais possèdent leur propre caractère et personnalité, ces morceaux sont indéniablement faits du même argile et sortis du même four, mais explorent une palette de caractères, de personnalités et de sentiments d’une grande amplitude.

Le lien étant la rythmique, toujours mise en avant, qu’elle soit cardiaque (Octo), plus tribale et décousue (Asht), vaguement technoïde (Redkosh), plus froide et mécanique (Quenz), foisonnante et glitchée (Baïkal), grouillante (Fragm), etc… chacun y mettra ses mots. Mais si les pulsations sont à l’honneur, le même soin est porté aux éléments environnants. Nappes tantôt douces et chaudes, tantôt froides et métalliques, en quelques secondes Nebulo sait nous faire basculer d’une allégresse lancinante et éthérée à un doute inconfortable et râpeux. Nebulo est aussi bon en beatmaker qu’en ambianceur, et le mariage des deux se fait dans une finesse et une simplicité naturelles et évidentes.

Si Nebulo joue avec brio des rythmes et des vitesses, testant et expérimentant au fil des morceaux, dans sa démarche scientifique il n’oublie pas l’essentiel. Si la rythmique est un leitmotiv, un lien tissé entre les morceaux, l’élément mis en avant dans chacun d’entre eux, que se passe-t-il alors lorsqu’elle disparaît ? Mu alors déploie ses peurs, son inconfort, ses nappes amères que l’on ne peut plus cadrer et couper en morceaux avec une mesure qui nous a quitté. Il nous manque un outil, on se sent démunis et incapables de maîtriser ces sons qui deviennent soudainement douloureux. Il faut tout réapprendre alors. A se débrouiller sans, à lutter contre le manque de repères, repères dans lesquels Nebulo nous avait bien confortablement installés depuis le début de cet album. Le pivot de l’album s’achève dans une apogée schizophrénique douce-amère qui vient gratter doucement à l’intérieur de la boite crânienne en titillant les nerfs au passage. Mais enfin, on s’en sort.

Alors que Mu est probablement la pièce maîtresse de l’album, un morceau fort et qui imprègne, on ne peut s’empêcher d’en sortir comme on se réveillerait d’un mauvais rêve. Mais qu’on ne s’inquiète, la vie reprend son cours, les rythmiques reviennent découper les nappes dès Baïkal, et l’esprit retrouve bientôt le confort que les pulsations rassurantes lui apportent.

Nebulo ne répond pas à la question de base. D’ailleurs, était-ce une question ? Plutôt un regard sur une évidence, une prise de conscience d’un fait omniprésent et oublié. La pulsation binaire, la base du langage informatique et le rythme de la vie chez l’être humain, l’archétype de la simplicité et pourtant le point de départ de tout. Sans cette pulsation, pas de vie, pas de création, pas de conscience, rien. Une simplicité si froide qu’elle en fait peur, comme origine de tout ce que nous considérons comme « typiquement humain » : émotions, sentiments, caractères, réflexions… paroles. Comment supporter que toutes ces choses complexes, issues de processus et mécanismes que nous ne comprenons pas encore totalement, soient toutes suspendues à une simple pulsation binaire ? Pour nous faire partager ses pérégrinations cérébrales, Nebulo utilise un procédé commun aux enfants en bas à âge et aux scientifiques scrupuleux : l’expérimentation systématique. Se saisir de l’objet d’étude et le tester. Le triturer. En changer les paramètres (pour le scientifique). Le mordiller (pour l’enfant en bas âge). Le supprimer (pour se faire peur). L’explorer, se l’approprier, pour mieux l’intégrer, pour mieux s’en rendre compte et dompter le vertige.

Cardiac est le résultat de ces expériences, ou de ces jeux. Ou rien de tout ça. Peut-être simplement un album d’une musique presque minimaliste, intime, qui sait être tantôt chaleureuse, tantôt froide, nue et foisonnante à la fois. Quel que soit son message, et si tant est qu’il en possède un, cet album semble élémentaire et évident comme la pulsation d’un cœur. Et donc tout aussi familier et rassurant.

Ehoarn

Cardiac est disponible en digital ou en CD sur Hymen et Ant-Zen et en édition vinyle limitée 100 copies ici

http://www.indierockmag.com/article20472.html

N’espérez pas d’infarctus ou même de boom tachycardique dès la première écoute, c’est bien au terme d’une lente montée de sève que cequatrième album solo de Thomas Pujols vous laissera le myocarde marqué au fer, épuisé mais heureux.

Cardiaque, comme les beats organiques qui irriguent le successeur du fabuleuxArtefactet qui sont les premiers à frapper par leur nature résolument organique, des roulements solennels et clappements chorals du superbe Asht tout en accords majestueux et en reflux à coller le frisson jusqu’aux lents battements sourds de l’élégiaque Icon, en passant par les pulsations techno du rêveur Redkosh ou les arythmies martiales de l’insaisissable Fragm.

Il faut dire que le Français n’a pas hésité à revoir ses méthodes de travail pour l’occasion, enregistrant sur un quatre pistes ou échantillonnant divers field recordings pour déjouer l’impression de froideur que peut parfois dégager l’IDM cérébrale à laquelle s’adonnent les adeptes du laptop, nombreux quoique talentueux sur le label Hymen Records qui, fait rare, nous propose la galette en vinyle limité en plus du digital et du CD - avec trois bonus de poids parmi lesquels cet ardent Casiobones :

Résultat, un grand disque d’atmosphère, brumeux et long en bouche, qui ne craint pas de s’aventurer dans les méandres d’un dubstep gothique (OctoQuenz), du côté des songes distordus de Christ. ou du BoC de Geogaddi(Baïkal et son fourmillement polyrythmique, Arcadic et son ballet de lambeaux numériques) ou sur les zones sismiques chères à Ben Frost ou Tim Hecker (Mu, dont les glitchs de cordes n’ont rien à envier aux mutations analogiques d’Oval), sûr de sa force d’en ressortir grandi et plus singulier encore - au point même de synthétiser le meilleur de tout ça sur le parfait Smax en fin de parcours, grillant au passage quelques pacemakers.

http://offkiltermusic.com/ambient/nebulo-releases-new-album-cardiac/

If you’re like me, and have been struggling to keep up with all the great new music being released in the past couple months, you probably have missed out on .  This French, electronic music composer is clawing his way into the current bombast of great experimental ambient, IDM, and glitch.  His latest outing, “Cardiac”, was released on October 24th.  There is a full album preview available on his SoundCloud (listen below), and if you’re not one of the millions of people currently taking part in the national music ban (also known as illegal file sharing), you can pick it up for $8.99 from Amazon’s marketplace.  Press play, sit back, and get lost in it.